30.05.2011
L'amour victorieux / el amor victorioso
Bien souvent, l’amour dicta à Pablo Neruda de nombreux vers, ceux que vous trouverez ci-après sont traduits de la centaine d’amour, ce recueil qu’il écrivit pour les beaux yeux de Matilde la femme qui fermera les siens en septembre 1973. C’est le vingt-troisième poème… que c’est beau !
Lumière fut le feu, pain la rancœur lunaire,
le jasmin redoubla son secret étoilé,
par les douces mains pures de l'amour terrible
ce fut paix pour mes yeux et soleil pour mes sens.
Oh mon amour, comment, soudain, des déchirures
as-tu fait la maison de douce fermeté,
Tu vainquis la malice des ongles et la jalousie
et aujourd’hui face au monde nous sommes qu’une seule vie.
Ce fut, c'est, ce sera ainsi jusqu'au moment,
sauvage et doux amour, Mathilde bien aimée,
où le temps marquera du jour la fleur finale.
Sans toi, sans moi, sans lumière nous ne serons déjà plus;
alors bien au-delà de la terre et de l'ombre
la splendeur de notre amour brillera restera vif.
Ó Traduction Pierre Clavilier
Fue la luz del fuego y pan la luna rencorosa,
el jazmín duplicó su estrellado secreto,
y del terrible amor las suaves manos puras
dieron paz a mis ojos y sol a mis sentidos.
Oh amor, cómo de pronto, de las desgarraduras
hiciste el edificio de la dulce firmeza,
derrotaste las uñas malignas y celosas
y hoy frente al mundo somos como una sola vida.
Así fue, así es y así será hasta cuando,
salvaje y dulce amor, bienamada Matilde,
el tiempo nos señale la flor final del día.
Sin ti, sin mí, sin luz ya no seremos:
entonces más allá del la tierra y la sombra
el resplandor de nuestro amor seguirá vivo.

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26.05.2011
La vérité / La verdad
Le texte que vous découvrirez ci-dessous, chers internautes, fut pour la première fois édité en 1964 dans le recueil Mémorial de l’île Noire, publié en cinq volumes et qui présente une longue méditation de Pablo Neruda sur son itinéraire poétique mais aussi politique. Une livre à lire absolument où les vers deviennent transparence.
Je vous aime idéalisme et réalisme,
Comme l'eau et la pierre
vous êtes
parties du monde,
lumière et racine de l'arbre de la vie.
Non, ne me fermez pas les yeux.
alors que je serai mort ,
j'en aurai encore besoin pour apprendre
pour regarder et comprendre ma mort.
J’ai besoin de ma bouche
pour chanter après, quand qu'elle aura disparu.
Et mon âme, et mes mains, et mon corps
pour continuer à t'aimer, mon aimée.
Je sais cela impossible, pourtant je le voulus.
J'ai un jardin tout de fleurs inexistantes.
Je suis résolument triangulaire.
Il me manque encore mes oreilles,
mais je les ai enveloppées pour les laisser
dans un port fluvial à l'intérieur
de la République de Malaguette. .
Je suis fatigué de porter la raison sur l'épaule
Je veux inventer la mer de chaque jour.
Un jour j'ai reçu la visite
d’un grand peintre qui peignait des soldats.
Tous étaient des héros et le brave homme
les peignait sur le champ de bataille
mourant comme à plaisir.
Il peignait aussi des vaches réalistes,
et elles tellement des vaches
qu'on se sentait mélancolique
et prêt à ruminer pour l’éternité.
Abomination et horreur ! J'ai lu
des romans-fleuves de bonté
et tant de vers célébrant
le Premier Mai
que je n'écris plus désormais que sur le Deux de ce mois.
Il semble bien que l'homme
reverse le paysage
et cette route qui avait un ciel auparavant
maintenant nous écrase
de son entêtement commercial.
Il en va de même avec la beauté,
comme si nous refusions de l'acheter,
et ils l'emballent à leur goût et à leur mode.
Il faut laisser danser la beauté,
avec ses courtisans les plus inacceptables,
entre le jour et la nuit;
ne la contraignons pas à avaler comme une pilule
de vérité comme un médicament.
Et le réel ? Il nous le faut aussi, sans aucun doute,
mais que ce soit pour nous grandir,
pour nous rendre plus vastes, pour nous faire frémir,
pour rédiger
ce qui pour nous doit être
tans de l'ordre du pain tout autant que celui de l'âme.
Ó Traduction Pierre Clavilier
Sussurez ! tel est mon ordre
aux forêts pures,
qu’elles disent en secret leur secret,
et à la vérité: Cesse donc de stagner,
endurcies-toi jusqu'au mensonge.
Je ne suis pas recteur, je ne dirige rien,
et voilà pourquoi j'accumule
les erreurs de mon chant.
Ó Traduction Pierre Clavilier
Os amo idealismo y realismo,
como agua y piedra
sois
partes del mundo,
luz y raíz del árbol de la vida.
No me cierren los ojos
aun después de muerto,
los necesitaré aún para aprender,
para mirar y comprender mi muerte.
Necesita mi boca
para cantar después, cuando no exista.
Y mi alma y mis manos y mi cuerpo
para seguirte amando, amada mía.
Sé que no puede ser, pero esto quise.
Amo lo que no tiene sino sueños.
Tengo un jardín de flores que no existen.
Soy decididamente triangular.
Aún echo de menos mis orejas,
pero las enrrollé para dejarlas
en un puerto fluvial del interior
de la República de Malagueta.
No puedo más con la razón al hombro.
Quiero inventar el mar de cada día.
Vino una vez a verme
un gran pintor que pintaba soldados.
Todos eran heróicos y el buen hombre
los pintaba en el campo de batalla
muriéndose de gusto.
También pintaba vacas realistas
y eran tan extremadamente vacas
que uno se iba poniendo melancólico
y dispuesto a rumiar eternamente.
Execración y horror! Leí novelas
interminablemente bondadosas
y tantos versos sobre
el Primero de Mayo
que ahora escribo sólo sobre el dos de ese mes.
Parece ser que el hombre
atropella el paisaje
y ya la carretera que antes tenía cielo
ahora nos agobia
con su empecinamiento comercial.
Así suele pasar con la belleza
como si no quisiéramos comprarla
y la empaquetan a su gusto y modo.
Hay que dejar que baile la belleza
con los galanes más inaceptables,
entre el día y la noche:
no la obliguemos a tomar la píldora
de la verdad como una medicina.
Y lo real? También, si duda alguna,
pero que nos aumente,
que nos alargue, que nos haga fríos,
que nos redacte
tanto el orden del pan como el del alma.
A susurrar! ordeno
al bosque puro,
a que diga en secreto su secreto
y a la verdad: No te detengas tanto
que te endurezcas hasta la mentira.
No soy rector de nada, no dirijo,
y por eso atesoro
las equivocaciones de mi canto.

La maison de Pablo Neuda sur l'Île Noire
21:54 Publié dans Mémorial de l'Ile Noire (Extraits) | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
24.05.2011
Neruda et Nicolas Guillen 1960 et avec Matilde
![neruda_guillen_1960[1].jpg](http://pabloneruda.hautetfort.com/media/02/01/883135188.jpg)
Pablo Neruda en pleine conversation avec Nicolas Guillen, un autre monument de la littérature, en 1960.
Attablés autour d'un bon repas en compagnie d'un ami, Matilde Urrutia au regard bienveillants, semble nous attendre. Et si la simplicité de cette scène reflétait celle que l'on trouve dans les vers de Neruda ? Incontestablement, cet homme était bien loin des soffisitacations des salons mondains qui empestaient l'artifice.
14:26 Publié dans Galerie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


