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13/12/2012

XCII

 

Mon amour, si je meurs et si tu ne meurs pas,
mon amour, si tu meurs et si je ne meurs pas,
ne donnons pas à la douleur plus grand domaine :
il n’existe pas d’étendue comme celle de nos vies.

Poussière sur le blé, et sable sur les sables
Le temps, l’eau errante, le vent vagabond
nous emporta comme graine embarquée.
Nous aurions pu ne pas nous rencontrer dans ce temps .

Dans cette prairie où nous nous rencontrâmes,
Oh  petit infini ! Nous la rendons.
Mais cet amour, amour, n’est pas fini,

Et ainsi comme il n’a pas eu de naissance
Il n’a pas de mort, il est comme un long fleuve,
Il change seulement de terre et de lèvres.


© traduction Piere Clavilier

 

Amor mío, si muero y tú no mueres,
amor mío, si mueres y no muero,
no demos al dolor más territorio :
no hay extensión como la que vivimos.

Polvo en el trigo, arena en las arenas,
el tiempo, el agua errante, el viento vago
nos llevó como grano navegante.
Pudimos no encontrarnos en el tiempo.

Esta pardera en que nos encontramos,
oh pequeño infinito !
Devolvemos.
Pero este amor, amor, no ha terminado,

y así como no tuvo naciemiento.
no tiene muerte, es como un largo río,
sólo cambia de tierras y de labios.


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